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Les andes en roue libre

Vers Cohaique 14-20 Mars

  Toujours chanceux avec le temps qui semble se maintenir, nous partons de Puerto Tranquillo, les jambes reposees. Nous surplombons un moment le lac Carrera, et lui disons progressivement au revoir.


  Une tres mauvaise piste serpente au milieu d'abruptes montagnes glaciaires le long du campo de hielo norte.


 




  Nous y retrouvons l'ambiance humide et marecageuse que nous avons connue plus au sud. La carretera Austral est une serie de zones arrides et humides qui se succedent: Etrange contraste qui rend en tous cas la route variee et nous fait decouvrir des paysages tres differents.


   Apres une longue montee a un col, le soleil rasant nous pousse a chercher un endroit pour camper. A ce moment la nous traversons une foret marecageuse... Ce bivouac ruisselant ne sera pas des plus agreables... Et il nous faudra une longue pause le lendemain pour faire secher nos affaires. 

  Le jour suivant alors que nous evoluons sur une piste de terre tasse (chose bien agreable) nous croisons des gauchos a cheval que nous rencontrons en plus grand nombre que les voitures...


  Apres une longue descente nous decouvrons au loin le dome parfait d'un volcan encore en activite. Au pied de ce dernier s'etale un espace quasi-surrealiste: Dans toute cette vallee se trouve des etendues d'eau jonchees d'arbres morts: Nous avons reellement l'impression d'etre en presence d'un cimetiere d'arbres! L'ambiance y est des plus etranges...



  Plus loin, alors qu'il fait 25 degres (sommes nous toujours en patagonie?), et qu'il nous faut passer un nouveau col, nous decouvrons avec stupefaction le melange de deux bras de riviere qui se rejoignent. Les couleurs differentes des deux se melent. Ces meandres d'eau serpentes, se croisent et se separent en ramifications multiples, formant ainsi des lignes courbes qui animent le paysage.



  Nous longeons un lac vert emeraude avant d'entamer la fin de la piste qui nous mene a Cerro Castillo. Nous y retrouvons une zone davantage aride, et decouvrons des paysages nouveaux: blocs de pierre ou montagnes erodees par la glace, reliefs escarpees et montagnes aux formes acerrees impressionnantes.



  A notre arrivee a Cerro Castillo, hameau aussi desert que les precedents, quel bonheur de trouver sur la route un changement qui rend la vie du cycliste bien differente: du goudron! Le lendemain nous partons de facon matinale pour tenter de rejoindre Cohaique dans la journee. Plus de 100km nous separent de cette capitale de region. La route est asphaltee, mais nous ne savions pas ce qui nous attendait sur la route. Les informations recueillies a Cerro Castillo, etaient comme d'habitude fausses! Une fois de plus nous constatons qu'il ne faut jamais croire les gens qui n'ont l'habitude de ne circuler qu'en voiture! Nous commencons donc notre journee, que nous pensions "tranquille", par une grimpette d'une vingtaine de kilometres et de 900m de denivele. Montee qui nous mene a un col, d'ou nous avons une vue plongeante sur la vallee et sur les sommets qui nous font face. Dans la descente des montagnes erodees nous dominent. Chaque relief d'origine volcanique a des couleurs incroyables, donnees par les mineraux dont ils sont formes. Une fois de plus nous changeons de decor.



 
  Nous finissons par deboucher dans une large vallee ou les vues lointaines sur les montagnes et les larges paturages nous surprennent.



  Mais un terrible vent de face nous accueille. A 30 km de Cohaique nous decidons de planter la tente sous un abris. Nous subissons le bruit du vent et de ses rafales durant toute la nuit, et il nous faut egalement l'affronter sur nos velos le lendemain. Le point positif est que celui-ci a nettoye le ciel des gros nuages noirs menacants, et que ce matin nous pouvons profiter a loisir des vues degagees sur les sommets qui nous attendent sur la route. Le bleu du ciel contraste fortement avec le jaune des champs fraichement coupes. Nous pedalons dans un environnement campagnard, ou champs et estancias ponctuent l'espace. Nous sommes surpris de retrouver tant d'horizon devant et autour de nous, en comparaison des vallees enclavees ou nous avons roule dernierement. La chaleur est toujours au rendez-vous et a notre arrivee a Cohaique, nous filons nous assoir en terrasse pour profiter du temps estival et d'un repas succulent! Apres 600km de piste et de nature vierge, nous sommes deboussoles de nous retrouver dans un espace urbain avec restaurant, boutiques, supermarches, etc.


  C'est en ce repere de gourmets (Quel plaisir de manger des legumes et autres apres des jours de puree, pates chinoises, puree, pates chinoises, puree, ...) que nous rencontrons quatre autres cyclistes qui arrivent d'Alaska (...!) Nous passons un apres midi a parler de nos voyages et a echanger de multiples informations. Ces moments d'echange et de partage sont toujours tres sympathiques. Arrives en plein week-end, nous attendons l'ouverture des boutiques pour aller faire devoiler une roue de velo, abimee a cause de l'incident du bateau. Trois jours consacres au repos, au plaisir de retrouver une alimentation variee, a rencontrer d'autres voyageurs et a dormir en entendant la pluie tomber sans etre sous la tente, mais au fond d'un lit, sous un vrai toit!
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