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Les andes en roue libre

Salta- Susques 30 mai- 7juin

  Arrives a Salta de nuit, nous ne decouvrons la ville qu'a partir du lendemain matin. Nous sommes ravis par sa tranquilite, et la ville nous seduit de prime abord par son aspect heteroclite. L'ambiance des lieux et la morphologie des gens sont fortement teintes de culture andine. A contrario l'architecture coloniale y est tres presente, les toits sont recouverts de tuiles, des orangers tronent sur la place centrale, et le tout donne au lieu un aspect tres espagnolisant. Un style mediterraneen qui nous fait presque oublier que nous sommes dans le nord!


  Mais les temperatures negatives rencontrees a Chilecito, et retrouvees ici, nous rappellent que nous sommes en hiver. Nous qui pensions trouver ici des temperatures plus clementes, sommes aussi surpris que la gente locale, par la vague de froid anormale qui traverse le pays.

  Nous profitons quand meme de flaner dans cette ville paisible quelques jours, en attendant un eventuel changement climatique. Le fond de l'air se rechauffe et nous decidons de partir, avec en ligne de mire une route difficile, pour une derniere traversee des andes, qui nous amenerait a San Pedro de  Atacama.

  Les premiers kilometres s'enchainent dans un univers verdoyant, sur une route sinueuse, ou les plantes degoulinent litteralement des flancs des montagnes qui nous entourrent.


  Le jour suivant, apres avoir depasse Jujuy, c'est dans un univers mineral et rougeatre que nous progressons. Nous entrons dans la "Quebrada de Humahuaca", vallee encaissee celebre pour la couleur de ses roches. Celle-ci nous offre un spectacle de couleurs de roche incroyable, ou les nuances de rouges des montagnes tranchent avec le vert des nombreux cactus qui envahissent les reliefs.




  Nous terminons notre journee au petit village de Purmamarca, ou l'architecture des maisons en adobe, la cuture culinaire, et l'ambiance rencontres nous font davantage penser a la Bolivie qu'a l'Argentine... Nous nous rendons compte une fois de plus qu'aux abords des frontieres il est toujours difficile de savoir reellement dans quel pays l'on est... Les frontieres geographiques apparaissent comme ayant peu de sens.

  Nous prenons une journee pour decouvrir la particularite du lieu: la montagne aux sept couleurs qui surplombe le village. En deambulant au milieu de ses formations rocheuses, nous nous plongeons dans des ambiances colorees differentes. Nous decouvrons ici une nature incroyable. La journee est aussi consacree au repos et a l'acclimatation en prevision des jours suivants.


 


   Nous reprenons la route le lendemain pour une petite grimpette, qui depuis Purmamarca, nous fait gravir la "cuesta de Lipan", qui n'est autre qu'une route qui monte de 2000m d'altitude sur une distance de 35 kilometres...!



  Partis tot le matin ce n'est qu'a la nuit tombante que nous arrivons au col. Au fur et a mesure de la progression l'altitude se fait sentir, l'air se tarit peu a peu, les symptomes de mal de tete ou autres arrivent, et un vent incroyable se met a souffler... L'ensemble nous ralentit considerablement. Nous arrivons a l'altitude de 4200m en meme temps que la nuit noire.



  Assomes par l'altitude et envahis par quelques mauvais symptomes, nous n'avons pas d'autre choix que de poursuivre la route et entamons une descente vertigineuse sous un ciel etoile, a l'aide de nos frontales. Redescendus d'environ 500m d'altitude, c'est au milieu de ruines de maisons que nous plantons la tente et mangeons a l'abris du vent.

  Au reveil nous sommes surpris de decouvrir que nous avons bivouaque non loin du salar de Salinas Grandes, que nous appercevons a l'horizon.


 Des paysages desertiques d'altitude nous entourrent, et nous prenons grand plaisir a retrouver ces espaces quasi-semblables a ceux decouverts en decembre dans le sud Lipez, en Bolivie. Apres s'etre ravitailles en eau aupres des seules maisons isolees des lieux, nous descendons et traversons le salar.


  Ici, nous retrouvons la magie de ces espaces immenses qui font que les distances sont une illusion. Nous qui pensions avoir dormi a proximite du salar, nous constatons que plus de vingt  kilometres nous en separent... Les paysages sont demesures, l'ensemble est infini et l'immensite saisissante. Nous nous plaisons a pedaler dans ce silence et cette grandeur.


  En chemin nous croisons quelques petits groupements de maisons en adobe. Une fois de plus il est incroyable de penser que des familles vivent ici toutes l'annee, dans des conditions si austeres.


  En milieu de journee le vent se met a souffler, et comme a l'accoutumee, il vient de face! Nous nous arretons pour bivouaquer et profitons d'une minuscule cabane pour diner a l'abris.


  Le lendemain, la route nous fait traverser un petit canyon avant de nous faire parcourir des plateaux d'altitude du haut desquels les vues sont infinies. Nous rejoignons, en fin de matinee, la petite bourgade de Susques, situee a l'abris du vent, au fond d'un canyon, le long d'une riviere. Nous y passons tranquillement la fin de la journee, assomes par l'altitude a laquelle nous avons du mal a nous acclimater.



  Maisons en adobes, toits de chaume: Le village a une allure fortement andine.

 


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