La sortie de ville de Cuenca se passe sans encombres. Nous slalomons en fond de vallee entre les montagnes, poursuivis parfois par des chiens teigneux dont nous vous reparlerons plus tard. La route fait des bosses mais les pentes sont bien plus douces que lors des dernieres etapes. Nous traversons de grandes prairies et faisons une pause dans une fromagerie pour boire un lait chaud delicieux.
Pendant les 80km qui nous separent de Santa Isabel nous perdons 1000m de denivele, ce qui n'empeche pas que nous rencontrons quelques cotes bien raides. En fin de journee le paysage devient plus sec, les lieux sont calmes et la route peu frequentee. Nous arrivons en fin de journee a Santa Isabel qui surplombe la vallee et la panam.
Apres une nuit, calme pour nous, mais pendant laquelle a Baños la terre a tremble (4 sur l'echelle de Richter) nous poursuivons notre descente vers le bord de mer. Nous passons dans un canyon pour suivre une riviere jusqu'a notre arrivee a Pasaje. Les paysages sont tres mineraux et les gorges ont beaucoup d'ampleur. Nous nous sentons tout petit dans cet environnement gigantesque et depeuple.
Surprise sur le bord de la route, le bas cote devient un tapis de grains de cacao qui seche au soleil avant d'etre broye et vendu en Italie pour la confection de chocolat... Moralite de l'histoire le chocolat italien est parfume au pot d'echappement equatorien!
Puis, tres vite, nous basculons sur le versant pacifique de la chaine de montagne et tout devient plus humide. La vegetation verdoyante contraste avec l'aridite des kilometres precedents.
Ces nombreux changements de paysages nous rejouissent autant que le calme des lieux. Les derniers kilometres se font sous la pluie et nous arrivons dans la moiteur de la ville de Pasaje. Les temperatures sont devenues chaudes si bien que dans cette ville la plupart des batiments n'a pas de fenetres. Difficile de se reposer dans cette ville bruyante et poussiereuse ou la campagne electorale bat son plein. Et dire qu'on pensait echapper a ca!
Le lendemain matin, peu frais, nous roulons sur une trentaine de kilometres au milieu d'une foret de bananiers. Sous la bruine nous nous faisons tremper, mais finalement c'est peut etre ce dont nous avions besoin pour nous reveiller...
Nous quittons la pluie et avancons dans une zone de landes marecageuses ou nous observons de nombreux oiseaux. Progessivement nous rejoignons des paysages desertiques et avancons a une allure folle vers la frontiere. Nous ne rencontrons personne pendant des kilometres a part des check point militaires. Nous traversons rapidement Huaquillas, notre derniere ville equatorienne. Celle ci, gigantesque marche grouille de tuck-tuck et d'une foule dense. L'ambiance ne nous incite pas a nous y arreter. Nous ne faisons que le strict necessaire administratif, et faisons nos premiers kilometres au Perou.